LA CITE DE LA PEUR
Bâtiments immenses, architecture froide et oppressante : les villes de la science-fiction sont en majorité des mégalopoles hypertrophiées où l'échelle sociale se confond avec les étages des immeubles. Des cités étouffantes pour ceux qui les habitent. Surtout si on ne vit pas au sommet d'un gratte-ciel.
New York, ville du futur ? La "Grosse Pomme " stimule depuis toujours l'imagination des auteurs de science-fiction. Cette cité aux gratte-ciel immenses est devenue un véritable mythe dont les excès ont longtemps servi de bases aux extrapolations urbaines. A commencer par Metropolis. La mégalopole de Fritz Lang est née de sa fascination pour les buildings New Yorkais. Si les deux cités présentent la même extension irrésistible vers le ciel, Metropolis est, elle, le symbole de la verticalité des rapports entre pouvoir et citoyens. Le maître de la ville, Fredersen (Alfred Abel), domine et gouverne la cité depuis son bureau, situé au sommet du plus grand gratte-ciel de Metropolis, la "nouvelle tour de Babel ".
Metropolis offre (en haut) une vision urbaine plus artistique qu'architecturale. Brazil fait des bâtiments officiels les symboles de l'écrasement des individus par l'état (en bas). Photo DR.


" On retrouve dans Metropolis, Blade Runner et Total Recall, le même plan symbolique du pouvoir du maître sur ses esclaves : un panorama spectaculaire que le tyran a par la fenêtre de son bureau ". Frederic Kaplan, auteur d'une étude sur la ville du futur dans les films de science-fiction. Photos DR.

Même cas de figure dans Blade Runner : l'étonnante pyramide qui surplombe Los Angeles abrite Tyrell (Joe Turkel), le tout puissant maître de la génétique. L'architecture froide, dépouillée et massive de Brazil s'inspire quant à elle directement de celle des régimes dictatoriaux des années 30 et 40. Le film de Terry Gilliam est ponctué de plongées et de contre-plongées, autour ou à l'intérieur de bâtiments immenses et vides, symbolisant ainsi l'écrasement de l'individu par le ministère de l'information. La cité a ses maîtres, sa structure le rappelle, mais ceux-ci sont inaccessibles pour le commun des mortels. Seul un maigre réseau d'ascenseurs lie généralement le sommet de la hiérarchie sociale à sa base. Accéder à ce moyen de transport ne garantit même pas une rencontre avec les plus hautes instances de la ville. Sam (Jonathan Pryce) a besoin d'un code secret pour l'actionner dans Brazil. Dans Blade Runner, Roy Batty (Rutger Hauer) doit battre à distance Tyrell aux échecs, pour être considéré comme digne de le rencontrer.

 

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